Émilie Ricaud, le rêve américain un peu grippé

20/07/20
A
 

Elle était partie l'année dernière pour rejoindre l'équipe de golf de l'University of North Texas, et entamer des études de kinésithérapie. Émilie Ricaud a depuis connu une saison mi-figue, mi-raisin à cause de la crise mondiale du coronavirus.

ctos-cagou-emilie-1

Émilie Ricaud s'entraîne à Tina en attendant de retrouver les parcours de golf en Amérique.

Un mois, ça peut être très long. Surtout quand c'est pour faire un trajet, a priori sans problème, pour rentrer à la maison. Et pourtant, c'est le temps qu'il a fallu à Émilie Ricaud pour rallier Nouméa depuis le Texas en mars. « Je suis arrivée en escale à Tahiti au moment où les avions ont commencé à être suspendus en Nouvelle-Calédonie, raconte la golfeuse de 18 ans. Par chance, des amis de la famille ont pu m'héberger quelques semaines avant de pouvoir être rapatriée. »
Mi-avril, la voilà donc enfin arrivée au pays avec deux objectifs : poursuivre ses cours en ligne et continuer à s'entraîner sur les fairways.
Car pour Émilie Ricaud, le golf est devenu un projet bien ficelé. « J'ai encore trois ans d'études à faire dans mon université, précise la joueuse de Tina. Ensuite, mon ambition, c'est de devenir professionnelle. Et l'avantage, c'est qu'aux États-Unis, il ne manque pas de tournoi pour valider ses cartes et passer pro. »

Reine du Pacifique
Terre de golf, patrie des légendes de la discipline, l'Amérique aura d'abord été impressionnante pour la Cagoue. « Les premières semaines, j'ai eu beaucoup de mal à bien jouer, se souvient-elle. Mais je n'ai pas perdu confiance. Le coach m'a rassurée et m'a dit que mon niveau allait augmenter avec le temps. Et effectivement plus le temps est passé, plus je me suis sentie à l'aise. »
Au point de remporter avec son équipe de la University of North Texas un premier tournoi en février. « Et tout s'est arrêté avec l'épidémie, regrette Émilie. C'est dommage parce qu'on était dans une bonne dynamique et qu'on avait notre tournoi qui arrivait en mars. »
Une saison au goût d'inachevé, mais qui restera positive pour la joueuse. « J'ai beaucoup travaillé la stratégie et l'approche avec mon coach, commente-t-elle. Avant, je jouais à l'instinct, aujourd'hui je réfléchis beaucoup plus. »
L'ascension est donc loin d'être terminée pour celle qui avait « connu un réel déclic » en 2017, lors de sa finale des championnats de France jeunes. La Calédonienne avait ensuite créé la surprise quelques mois plus tard au Vanuatu, en remportant la médaille d'or lors des mini-jeux du Pacifique. L'année 2019 aura été celle de la confirmation avec une nouvelle victoire, cette fois aux Jeux du Pacifique aux Samoa. Elle avait impressionné avec notamment une carte à -8 lors du deuxième tour. Émilie Ricaud avait alors devancé Ariane Klotz, l'autre Cagoue qui évolue, avec succès, sur le circuit universitaire américain.
Le golf féminin a de l'avenir en Nouvelle-Calédonie.

ctos-cagou-emilie-2

Ariane Klotz et Emilie Ricaud sur le podium des Jeux du Pacifique, aux Samoa en 2019.