Pierre Fairbank, l'inusable champion

6/04/20
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Il est l'un des sportifs calédoniens les plus populaires, et les plus durables ! À 48 ans, Pierre Fairbank continue d'étoffer son palmarès en athlétisme fauteuil, avec notamment une sixième qualification pour les Jeux Olympiques.


Crédit photo : MRB

Légende, patron, inusable... On ne sait plus vraiment comment qualifier Pierre Fairbank. Toujours souriant et prompt à la blague, ce papa d'une « admirable petite fille de 10 ans » est surtout un redoutable champion.
Et son palmarès parle pour lui : huit médailles olympiques, quatorze mondiales et plus de 70 titres de champion de France.
Dernier chapitre en date, sa qualification pour les prochains Jeux Olympiques 2020 à Tokyo, qui se dérouleront finalement en 2021 à cause de la crise du Coronavirus. Un billet obtenu après les Mondiaux en 2019, où il avait atteint trois finales (100, 400 et 800 m). Ses derniers JO après six éditions ? Selon lui, oui. Même s'il le dit « à chaque fois, tellement la préparation à l'événement est difficile. »

Retour au Japon

L'an prochain, il retrouvera donc le Japon pour, quelque part, boucler la boucle. Car c'est à Kobe, en 1989, que le Cagou participe à sa première compétition. « C'était les Jeux Fespic (Les Jeux du Pacifique Est et Sud pour le handisport, NDLR), se souvient-il. C'était impressionnant, avec une vraie cérémonie d'ouverture. Il y a avait des milliers d'athlètes. Je me suis dit qu'il y avait beaucoup d'handicapés dans le monde (rires). »
Une première grande compétition, mais pas franchement une réussite. « J'ai fait trois courses pour trois disqualifications ! » Il faut dire qu'il découvrait encore sa discipline, lui qui avait participé à sa première compétition l'année précédente, en Australie.
Une compétition qui s'est avérée difficile, mais qui apporte à Pierre le sentiment d'être à sa place. Moment important pour lui qui est né à Hienghène en 1971, touché par la poliomyélite à 8 ans, mais qui n'a jamais voulu s’apitoyer sur son sort. Et ça dès son plus jeune âge. « On est arrivé à Nouméa quand je suis entré au collège, en 1981 et j'allais souvent de chez moi, à Magenta jusqu'au centre-ville en fauteuil, avec mon petit caniche blanc, explique Pierre Fairbank. J'étais un casse-cou, je suis souvent tombé. Mais ma mère avait compris que je ne devais pas être couvé, car pour moi, être en fauteuil n'était pas un handicap. Je voyais ça comme un moyen de locomotion, un vélo ou un skate-board. »

Des médailles de Sydney à Rio

C'est en Métropole, lors de ses études dans les années 1990 que Pierre prend une nouvelle dimension, et se donne des objectifs très élevés. « Je me souviens avoir vu une affiche pour les Mondiaux de Berlin en 1994 (les premiers de l'histoire du handisport, NDLR) en achetant des pneus. Je suis tout de suite allé acheter des billets de train, depuis Toulouse. Une sacrée aventure. »
Malgré les difficultés à trouver un entraîneur dans une discipline pas encore aussi développée qu'aujourd'hui, il tente dès 1996 de se qualifier pour les Jeux Olympiques, mais passe à côté de ses France. « J'avais de la fièvre et du coup, j'ai manqué la qualification. » Juste un petit contretemps, puisqu'il obtiendra sa qualification quatre ans plus tard. À Sydney, il découvre alors l'olympisme et le goût des médailles. L'argent dès sa première course sur 400 m, puis l'or sur le 200 m. C'est alors une consécration, et le début d'une longue histoire. Athènes, Pékin, Londres, Rio, Pierre Fairbank n'a jamais manqué les JO ensuite.
Et à chaque voyage, il aura été médaillé. Et à Tokyo ? « On verra... L'avantage, c'est que j'ai un an de plus pour me préparer. Mais je serai aussi plus vieux d'un an », s'amuse-t-il dans un grand éclat de rire.

Son palmarès olympique

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RIO 2016
Médaille d'argent (800 m T53)
Médaille de bronze (400 m T53)

PÉKIN 2008
Médaille de bronze (4x400 m T53-54)

ATHÈNES 2004
Médaille d'argent (4x400 m T53-54)
Médaille de bronze (4x100 m T53-54)

SYDNEY 2000
Médaille d'or (200 m T53)
Médaille d'argent (400 m T53)
Médaille de bronze (800 m T53)