Thomas Goyard, voileux olympique

6/04/20
A
 

À 28 ans, le véliplanchiste a réussi cette année à se qualifier pour les Jeux Olympiques, qui se dérouleront finalement en 2021 à Tokyo. Des premières sorties avec son père aux sommets planétaires, le Cagou fait aujourd'hui partie des meilleurs.

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Thomas Goyard lors des Mondiaux 2020 qui se sont déroulés dans le Victoria (Australie) en mars.

Qu'elle semble loin l'époque des Mondiaux d'Oman en 2015 pour Thomas Goyard ! Celle de l'énorme contre-performance qui lui avait coûté sa place aux JO de Rio. Dans la lourdeur et sans vent, le Cagou pensait alors tout abandonner. Une déception d'autant plus grande que sa médaille de bronze mondiale de l'année précédente lui promettait de grandes choses.
Mais un champion ne baisse pas les bras aussi vite. « Je me souviens que la Fédération de voile n'avait pas voulu que je sois remplaçant et j'avais été piqué au vif. Je voulais alors leur montrer qu'ils avaient tort, même si aujourd'hui, avec le recul, je comprends totalement leur choix. »
Dès 2016, il se relance avec un titre de champion d'Europe acquis en Finlande en juillet. Le début d'une grande remise en question. « Je n'étais pas assez sérieux à l'entraînement et avant Oman, ça passait, reconnaît-il. J'étais trop éparpillé, je faisais aussi du stand-up paddle et du kite. J'ai revu tout ça. Pareil pour la préparation physique, il fallait que je sois aussi à l'aise dans des conditions pénible comme celles d'Oman. Je suis devenu plus rigoureux. »
Il revoit aussi ses plans quant à ses études d'ingénieur à La Rochelle. « En tant que sportif de haut-niveau, je pouvais étaler mes études sur huit ans au lieu de cinq. C'est ce que j'ai fait à partir de 2017. »
Une révolution qui le mène à réaliser une très belle saison 2019, qui le place, à nouveau, parmi les sérieux candidats aux JO. Mais cette fois, il ne manque pas le coche, et lors des Mondiaux 2020 en Australie, il obtient le bronze pour s'ouvrir les portes d'une sélection à Tokyo.

 

Une affaire de persévérance

La persévérance de Thomas est sans doute née en même temps que son histoire avec la planche à voile. « J'avais 8 ans et on habitait à Raiatea en Polynésie, se souvient le natif de la Martinique. Mon père avait dû me forcer. Moi, je n'aimais pas du tout le windsurf. Mais il m'a appris la persévérance, dans le sport comme dans la vie. Et j'ai eu le déclic vers 9 ans quand j'ai ressenti pour la première fois la sensation de glisse et de vitesse. »
Un an plus tard, le bateau de la famille Goyard largue définitivement les amarres à Nouméa et la carrière de Thomas peut commencer. D'abord à l'école de voile, puis à l'ACPV aux côtés d’Alexandre Rouys ou de Sarah Hauser, qui fait désormais du surf. Et puis tout s'emballe, champion de France de sa catégorie d'âge en 2006, à 15 ans, on lui offre, en Nouvelle-Zélande, sa première planche de RS:X, la discipline olympique. Et il gravît les échelons.
Le Calédonien est repéré par l'Équipe de France en 2009, grâce à sa 5e place aux Mondiaux jeunes, puis intègre le pôle France à La Rochelle. En 2010, un an avant d'arriver chez les seniors, il décroche le titre de champion du monde jeune. La suite, on la connaît : Oman, Finlande, Australie et bientôt Japon.
Mais Thomas Goyard voit également plus loin que Tokyo. Le regard tourné vers Paris 2024, où le RS:X devrait laisser sa place au foil. Une discipline dans laquelle lui et son petit frère, Nicolas, font partie des meilleurs mondiaux. « Faire les Jeux avec mon frère, ça serait quelque chose de très fort. »