Bassa Mawem au pied de l'Olympe

24/08/18
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Le grimpeur du Gecko Club va faire briller l'escalade calédonienne lors des Jeux olympiques de Tokyo en août 2021. À 35 ans, il a la ferme intention de monter sur le podium.

 CTOS CAGOU BASSA

Bassa Mawem au pied du mur de vitesse de Magenta.
Crédit photo : MRB

Serait-il l'exception qui confirme la règle ? Alors que les autres athlètes calédoniens partent vers la Métropole pour suivre un parcours de haut niveau, Bassa Mawem s'est révélé à Nouméa. Pour lui, c'est clair : « Je ne suis pas une exception, je suis la preuve ! » s'exclame-t-il dans un large sourire. Il faut dire que l'homme à beau passer son temps en l'air, il a la tête sur les épaules.
Parti du Pôle France de Voiron (Isère), « parce qu'il avait envie de travailler seul », Bassa débarque en Calédonie en 2017 pour devenir le directeur de l'équipe technique de la ligue d'escalade. Celui qui a découvert la discipline à 15 ans à l'UNSS ne pense alors qu'à une chose : remporter une manche de Coupe du monde.

Pari gagnant

Un rêve qui devient insuffisant quand en 2018, le CIO officialise la présence de l'escalade aux JO de Tokyo. « Philippe Boquet (le président de la ligue calédonienne d'escalade, NDLR) a eu des étoiles dans les yeux et m'a tout de suite poussé à tenter une qualification », se souvient le natif de Guyanne. Le pari n'est alors pas si évident, car c'est une épreuve combinée qui est prévue au Japon, pas du tout sa spécialité, lui qui excelle en vitesse. Mais tout semblait écrit à l'avance.
D'abord, il a dû s'imposer en équipe de France après une victoire en Coupe du monde en Chine en 2018. Le coach tricolore n'a pas d'autres choix que de le prendre dans le groupe qui vise les Jeux, même si les liens entre l'athlète et la Fédération française étaient devenus lointains.
Et, s'il a forcé le passage, Bassa Mawem a ensuite mis tout le monde d'accord à Toulouse l'an dernier en obtenant sa qualification lors d'un Tournoi de Qualification Olympique (TQO). « Il y avait deux façons possible de se qualifier, détaille le champion. Soit via les trois Mondiaux (difficulté, bloc puis vitesse), puis un championnat du monde combiné, mais il fallait performer partout, soit par ce TQO. Depuis le départ, c'était cette solution que j'avais choisie. »
Pari gagnant pour lui, qui ne regrette donc pas une seconde son choix de débarquer à Nouméa. « J'étais un grimpeur français sans résultat, pose le trentenaire. Aujourd'hui, je suis un athlète calédonien à succès ! Je ne serais jamais arrivé à ce niveau si je n'étais pas en Nouvelle-Calédonie. »

Et l'histoire n'est pas finie. D'autant que Bassa Mawem vise déjà une qualification pour les JO 2024 à Paris. « Il y aura sans doute une médaille rien que pour la vitesse. Ce serait une belle manière de finir ma carrière. »

Dans la famille Mawem, je demande le frère

Bassa ne sera pas le seul Mawem présent aux JO à Tokyo. Le frère de Bassa, Mickael, sera aussi de la partie, et également en escalade. Le cadet a été le premier grimpeur à obtenir sa qualification lors des Mondiaux en août 2019, évitant ainsi un duel fratricide lors du TQO à Toulouse en décembre. « J'ai été soulagé, pose Bassa. J'aurais vraiment eu du mal à me retrouver contre mon petit frère. »

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Les frères Mawem lors des Mondiaux d'escalade l'an dernier à Tokyo.
Crédit photo : Les Frères Mawem