Nicolas Brignone, le jeune homme pressé

9/12/19
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À tout juste 30 ans, Nicolas Brignone n'en finit pas de prendre du galon. Alors qu'il a commencé la course en fauteuil il y a près de neuf ans, il a déjà participé à quatre Mondiaux et une édition des Jeux Paralympiques, à Rio en 2016. Et ce n'est pas fini.

portrait nisolas

Crédit photo : Nicolas Brignone

Pour ceux qui le connaissent bien, Nicolas Brignone, c'est un sourire large et franc, des maillots de l'équipe de France d'athlétisme handisport et, surtout, une volonté de fer. Et c'est cet outil qui lui sert le plus dans sa vie de sportif de haut niveau. Celui qui lui aura permis de se faire une place dans le gratin mondial du sprint fauteuil. Jusqu'à atteindre, en 2016, un rêve : celui de participer aux Jeux Paralympiques.

Et pourtant, rien ne le prédestinait vraiment à cette vie hors norme. « Je n'étais pas du genre sportif, s'amuse-t-il. J'ai fait un peu de tout entre 8 et 12 ans, dont de la gymnastique. Et puis à la fin, j'ai fait du foot, mais sans trop accrocher. J'ai arrêté pour profiter des copains pendant l'adolescence. » Alors qu'il passe un bac pro vente et se passionne pour la moto, sa vie s'annonce tranquille.

C'était sans compter un accident en 2009 qui le prive de ses jambes.

« Un ami m'a alors parlé de Pierre Fairbank, d'aller le voir au stade Numa-Daly. » Le nom ne lui dit alors rien, et pourtant. Après une rapide rencontre, puis une recherche sur Internet, il prend l'ampleur du personnage qu'il vient de croiser.

« J'ai vu son palmarès aux Jeux, aux Mondiaux et cela m’a donné envie. Dès le lendemain, je suis revenu et j'ai tout de suite dit que j'allais être aux Jeux Paralympiques de Rio. » Le coach de l'équipe de France, Olivier Deniaud, qui gère le pôle France de Nouméa, est plus que circonspect. « Il faut dire que j'avais un physique particulier avec 1,86 m pour à peine 50 kg. Olivier et Pierre ont cru que j'étais tétraplégique et j'ai appris plus tard qu'ils ne misaient pas 100 francs sur moi (rires). »

En route pour Tokyo
S'il passe ensuite du handbike au fauteuil de compétition, il ne lâche rien pour atteindre son impossible objectif. Tous les jours, il est au stade pour faire des tours de pistes. Le tout en gardant le moral. « Ce n'était pas facile, concède Nicolas. Je me souviens de ma première compétition en janvier 2012 en Australie. Un an après avoir commencé. J'ai tout fait, du 100 m au 1 500 m. Et j'ai fini dernier à chaque fois ! »

En 2013, il accède pour la première fois aux Mondiaux. Il y sera à chaque fois. Et puis en 2016, c'est la consécration : il obtient sa place pour Rio.

Mais désormais, tout est bien différent. « Avant, je n'avais rien à perdre. Je courais pour moi, avec mon rêve. Désormais, il est atteint, mais je dois garder le niveau. Je suis attendu, par les médias, le public, les amis... C'est différent. »

Néanmoins, il garde le cap vers Tokyo. Un compte à rebours sur son smartphone lui indique le nombre de jours qui lui reste avant l'événement et son objectif est déjà clair : « J'ai vraiment envie d'une médaille ! »