Enzo Corigliano, épanoui dans sa nouvelle vie

18/03/13
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Parti il y a deux ans pour intégrer le pôle espoirs du Mans, Enzo Corigliano est devenu depuis un grand espoir du squash français. À 15 ans et demi, le jeune homme poursuit sa progression de manière constante.

18 mars Enzo Corigliano

À 15 ans et demi, Enzo Corigliano affiche déjà une belle maturité. Il y a deux ans, le jeune homme décidait de quitter sa Nouvelle-Calédonie et son cocon pour aller tenter l’aventure en France métropolitaine. Il n’avait que 13 ans. Mais déjà un titre de champion de France de squash des moins de 11 ans. Il savait que sa progression passait par le sacrifice du départ. « J’avais envie de faire partie des tout meilleurs, explique le jeune homme. Il n’y avait pas suffisamment de confrontation en Calédonie, le niveau n’était assez élevé pour que je continue à progresser. Donc j’ai décidé de partir pour la Métropole. » 

Deux ans plus tard, pas l’ombre d’un regret. Rejoint après un an par ses parents, sa sœur et son frère, le jeune Enzo s’épanouit. Aussi bien dans ses études – il est en Première littéraire – que sur les courts de squash. « J’ai beaucoup progressé depuis que j’ai quitté la Calédonie. Je me suis donné les moyens d’y arriver. Décrocher un deuxième titre de champion de France, puis un troisième, c’était pas forcément évident d’y parvenir… » Pourtant, il l’a fait. Et, mieux, il a intégré l’équipe de France.

« Un rêve qui peut devenir réalité »

Aujourd’hui 3e Français et 7e Européen dans sa nouvelle catégorie des moins de 17 ans, après avoir été numéro 1 européen la saison dernière en moins de 15 ans, Enzo Corigliano poursuit tambour battant sa route vers les sommets. Grégory, son premier entraîneur de papa, que le petit Enzo suivait sur les courts dès l’âge de 3 ans, est ravi. « Depuis son arrivée au pôle espoirs du Mans, Enzo a explosé au niveau du squash, sans que ses résultats scolaires n’en pâtissent, argumente, pas peu fier, Grégory Corigliano. Il est en pleine progression. Il a encore beaucoup de travail, il le sait, mais Enzo se donne les moyens de ses ambitions. » 

Son ambition, c’est d’un jour devenir le meilleur joueur du monde. « C’est mon objectif à long terme, oui. Ça va demander beaucoup de sacrifices, je le sais, mais c’est un rêve qui peut devenir réalité. Mais je sais aussi qu’on n’est jamais à l’abri d’une blessure ou d’un autre pépin qui fasse que tout s’arrête du jour au lendemain. »

Alors Enzo Corigliano accumule les longues journées, entre cours et squash. « Toute la semaine, j’ai cours jusque 16 heures ; ensuite, j’ai entraînement de 16 à 19 heures. Ça ne me laisse pas beaucoup de temps, le soir, pour faire les leçons et profiter de la famille. Le plus dur, c’est le week-end, avec des compétitions qui débutent le vendredi donc je rate pas mal de cours. Mais pour l’instant, tout va bien, ça se passe plutôt bien au niveau scolaire. Je suis en Première littéraire, avec options médias et écriture journalistique. Si ma carrière au squash s’arrête un jour, j’aimerais devenir journaliste sportif. »

18 mars Enzo Corigliano « Je n’oublie pas mon île »

Au Mans, sous la houlette de l’entraîneur du pôle espoirs Benoît Letourneau, Enzo Corigliano, licencié à l’AS Squash Rezé, enchaîne les prouesses. Même si, pour sa première année chez les moins de 17 ans, il a à faire à de forts gabarits. « Mais techniquement, je m’en sors, poursuit-il. J’ai récemment battu la tête de série n°2 de l’Open de France. Ça m’a fait d’autant plus plaisir que c’était en France. Et au niveau adultes, je suis classé au 80e rang français, et je suis passé à deux doigts de battre le 20e Français, c’est plutôt pas mal… » 

À suivre, sur le calendrier du jeune Calédonien, les championnats de France, début avril. « Avec pour objectif de remporter le titre, expose-t-il. Et un peu avant cela, je disputerai les championnats de France 2e série, où atteindre les demi-finales serait une belle perf’. Et puis avec l’équipe de France, on a les moyens de monter sur le podium des championnats d’Europe par équipe. »

Appliqué, travailleur et ambitieux, Enzo Corigliano n’a pas perdu son temps en quittant la Nouvelle-Calédonie. Son île natale ne l’oublie pas, elle qui l’a sacré « meilleur espoir de sport calédonien » en fin d’année passée. « Recevoir un titre, ça n’est pas rien. Alors forcément, ça m’a fait plaisir de recevoir cette distinction. Ça veut dire qu’on pense toujours à moi là-bas, plusieurs années après mon départ. Moi non plus, je n’oublie pas mon île. Elle me manque, de temps en temps, quand j’ai mes copains sur internet. Ça me fait toujours chaud au cœur quand les gens me parlent de la Nouvelle-Calédonie. »

Si on parle de la Nouvelle-Calédonie, on n’a sûrement pas fini, non plus, de parler de son jeune ambassadeur, Enzo Corigliano.

Philippe Baudet,  Outre-Mer Sports