Nicolas Goyard, le marin qui volait sur l'eau

17/09/20
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Sacré champion du monde de windfoil en août en Suisse, le véliplanchiste calédonien est passé brillamment d'une planche classique à ce nouveau support. De quoi s'ouvrir des perspectives olympiques, alors que le foil doit faire son apparition en 2024, lors des Jeux de Paris.

« Je suis d'abord un marin avant d'être un compétiteur. » Nicolas Goyard n'a que 24 ans et, pourtant, il a déjà une vision bien précise de son sport et de la manière dont il l'appréhende. Sacré champion du monde de Formula Foil en août dernier en Suisse, le Calédonien n'oublie pas pour autant d'où il vient et comment il s'est construit.

« Mes parents ont traversé le monde en catamaran quand j'avais deux ans pour s'installer à Tahiti, puis on est arrivés en Nouvelle-Calédonie quatre ans plus tard, raconte Nicolas. Donc je suis, pour ainsi dire, né sur un bateau. » De quoi laisser des traces. « La houle, les vagues, le vent... ce sont autant d'éléments qui sont familiers pour moi » qu'il retrouve d'ailleurs dans son sport.

Après avoir appris les rudiments de la voile en optimist, il se dirige assez naturellement vers la planche à voile, alors qu'il a une dizaine d'années. Il ne s'en détournera jamais plus, alternant, au fil du temps, entre voile olympique, comme son frère Thomas, et le slalom sur le circuit professionnel PWA. Toujours avec un certain succès chez les jeunes, puisqu'il obtient des titres de champions d'Europe en 2014, puis du monde en 2015.

Rêves olympiques

Aujourd'hui, un nouveau défi se dresse devant Nicolas Goyard, et pas des moindres, puisqu'il s'agit d'une qualification olympique. Son frère a obtenu son ticket pour Tokyo-2021 en RS:X, lui se positionne plutôt pour Paris-2024, le moment où le foil fera son apparition pour remplacer... le RS:X.

« Très tôt, je me suis mis au foil, explique Nicolas. Donc je pense faire partie de ceux qui ont le plus d'expérience en compétition dans le domaine. J'ai donc une certaine avance technique. » Néanmoins, rien n’est encore fait car qui dit voile olympique, dit monotypie. « Pour le moment, il y a une importance dans le choix du matériel dans les compétitions en open (comme c'était le cas en Suisse, NDLR). En IQFoil, c'est une seule planche, une seule voile et un seul mât. C'est une approche totalement différente. » Et pas forcément naturelle pour lui, qui avoue préférer le développement du matériel à la compétition.

Mais quand on est compétiteur, les Jeux olympiques ne se refusent pas.

Duel de frangins

En octobre, il sera ainsi au Lac de Garde en Italie pour les Mondiaux d'IQFoil, après avoir terminé troisième des championnats d'Europe de la discipline en août dernier. Et il y retrouvera son frère, lui aussi parmi les meilleurs du monde en Foil Open, après sa cinquième place aux Mondiaux en Suisse.

Un duel de frères qui s'annonce tendu ? Pas du tout selon Nicolas Goyard. « Pour le moment, il n'y a que du positif à être sur le même support. On se connaît bien donc on s'apporte beaucoup l'un à l'autre. On a le temps de voir qui sera le mieux placé pour une qualification olympique plus tard. »

Paroles de sage...

Foil, IQFoil, Formula Foil ?

La planche à voile a souvent été un milieu où de nombreux circuits et disciplines coexistent. Et l'apparition du foil n'a pas changé les choses. Cet appendice vient remplacer l'aileron sous une planche et permet de « planer » au-dessus de l'eau. Sur le circuit pro de la PWA, on parle de windfoil, qui est présent sur certaines épreuves, le Formula Foil est un autre circuit open, où chacun est libre de choisir son matériel, alors que l'IQFoil est le monotype choisi l'an dernier pour servir lors des épreuves de voile aux Jeux olympiques à Paris en 2024.

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