Le poids économique du sport

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Le Conseil économique et social de la Nouvelle-Calédonie s’est penché sur l’importance du poids économique que pèse le sport sur le territoire. Dans un rapport adopté en novembre dernier, une étude révèle ainsi que le sport, véritable art de vivre sur le Caillou, génère plus de 1 500 emplois et près de 15 milliards de dépenses annuelles répartis entre les ménages, l’Etat et les collectivités locales !

Des chiffres d’autant plus importants que l’étude, s’appuyant sur des données de 2008, ne tient pas compte des Jeux du Pacifique, ni même de l’impact salarial des bénévoles - colonne vertébrale du mouvement sportif - si ces derniers venaient à être payés.

Ainsi, non seulement le sport et ses acteurs ont toute leur place dans la société calédonienne mais ils sont indiscutablement un acteur économique important pour l’économie du pays.

Poids eco sport

Si les XIVes Jeux du Pacifique ont été de manière unanime une totale réussite, ils ont mis en évidence le véritable phénomène de société que constitue aujourd’hui le sport en Nouvelle-Calédonie. En effet, avec plus de 70 000 licenciés enregistrés en 2010 par le CTOS – soit une augmentation de 70 % en 15 ans – auxquels s’ajoutent les adeptes des activités de pleine nature – tels que les treks, les randonnées pédestres, équestres ou nautiques –, c’est plus de la moitié de la population calédonienne qui pratique une activité sportive, qu’elle soit compétitive, de loisir ou à des fins éducatives.

Sous l’impulsion du CTOS, le Conseil économique et social s’est penché sur l’impact réel du sport dans l’économie calédonienne. En tout cas, l’impact quantifiable puisque le sport véhicule également des valeurs et favorise des pratiques utiles à la société mais difficilement chiffrables (lutte contre l’oisiveté, les maladies, etc.). Les données ne tiennent pas compte non plus du poids économique du bénévolat (lire encadré).

2 % du PIB de la Nouvelle-Calédonie

L’étude souligne néanmoins l’importance du poids économique occupée par le sport en Nouvelle-Calédonie avec une consommation annuelle totale de 15 milliards de francs, hors Jeux du Pacifique (données de 2008), répartis entre les ménages, l’Etat et les collectivités locales. C’est 2 % du PIB de la Nouvelle-Calédonie (contre 1,7 % en Métropole). Le secteur génère plus 1 000 emplois salariés, fait vivre 460 personnes non salariés, essentiellement des indépendants.

Il est à noter également que, de manière significative, l’intégration du sport dans l’ensemble des secteurs de la société, impacte dans d’autres secteurs d’activités, tels que le loisir, le tourisme, la santé, le transport...

Sur un document d’une trentaine de pages, le CES passe ainsi au crible tous les secteurs concernés : le sport à l’école, les acteurs institutionnels, les clubs et l’état des licenciés, le financement des associations et des ligues, les dépenses publiques, les dépenses et les gains du privé, l’emploi associatif sportif, l’emploi public, l’emploi privé non salarié, les diplômes et les formations… Au-delà du constat, le CES formule aussi un certain nombre de propositions et de recommandations, notamment au sujet de la professionnalisation des acteurs du sport et de la rationalisation des dépenses publiques, afin d’aller toujours de l’avant.

Le rôle des bénévoles

L’implication des bénévoles dans le mouvement sportif n’est plus à démontrer. Néanmoins, le CES observe que le bénévolat traverse une crise, due notamment à l’évolution des responsabilités, de plus en plus lourdes, au sein des associations.

Ainsi, une désaffection des personnes pour le bénévolat est notable. La situation pourrait très vite être catastrophique si, par manque de bénévoles, il faille avoir recours à des prestations payantes. A raison de 3 bénévoles par association, sachant qu’il existe 1 850 associations sportives (estimées par l’ISEE, dont 600 fédérées par le CTOS), pour un volume horaire moyen de 5 heures par semaines et par bénévole, payé 1 000 F de l’heure, le bénévolat pourrait représenter à minima, une masse salariale annuelle de 1,4 milliard . Quand on sait que le bénévolat en métropole est estimé à hauteur de 2 % du PIB on mesure toute l’importance que cela représente en Nouvelle-Calédonie

Des valeurs inestimables

Il est en outre admis aujourd’hui que le sport est un formidable outil de cohésion dépassant les barrières ethniques, politiques, religieuses et sociales. Il est un vecteur important d’éducation par les valeurs qu’il véhicule ( le respect, la solidarité, le dépassement de soi, le goût de l’effort, le fairplay)…

L’activité physique est aussi un formidable outil au service de la santé, moyen de lutte par excellence contre l’obésité et le diabète ainsi que les maladies cardiovasculaires. Elle permet en outre d’avoir un suivi sanitaire d’une partie de la population, notamment chez les plus jeunes, par le biais des consultations médicales obligatoires.

Ces données sont en revanche difficiles, voire impossibles à quantifier. Elles n’ont naturellement pas été été prises en compte dans l’étude du CES.

15 milliards en détails

Le CES s’est appuyé sur des données de l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie. Ces données répartissent les 15 milliards entre la consommation des ménages et les dépenses publiques, dont bénéficie le secteur privé.

Les ménages dépensent annuellement 6,160 milliards de F par an :
  • soit 25 000 F par an par ménage en moyenne (à la Réunion : 17 000 F)
  • les ménages de la province Sud consomment trois fois plus que les ménages des provinces Nord et Îles.
Les dépenses publiques s’élèvent à 8,820 milliards de F par an :
  • 5,170 milliards par an de masse salariale,
  • 1,540 milliards par an d’investissement,
  • 2,100 milliards par de fonctionnement.
Soit un total de 14,980 milliards de F par an, soit 2% du PIB (Métropole : 1,7 %, Réunion : 2,2%).