Les femmes et le sport

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Dans le nouveau plan d’actions 2012-2015 du CTOS, la promotion de la pratique sportive pour tous est une des priorités. Et parmi les publics visés, les femmes occupent une grande place. La raison en est simple : sur 70 000 licenciés en Nouvelle- Calédonie, seulement 26 000 représentent la gente féminine. Une conclusion trop hâtive nous amènerait à penser que les filles sont moins sportives que les garçons. En Métropole, où le constat est identique, un rapport du Sénat en 2011 – et un autre de 2004 des ministères du sport et de la parité – révèlent que les raisons de cette différence sont tout autre.

Femmes sport dossier

Des activités pas toujours adaptées...

En fait, les types d’activités sportives, les horaires, les infrastructures ou encore l’encadrement ne favorisent pas toujours l’accès des femmes à la pratique du sport. Si l’on veut que ça change, il faut donc que le sport s’adapte aux contraintes que rencontrent un certain nombre de femmes.

Il s’agit, par exemple, de prendre en compte les attentes spécifiques des femmes : à côté de la pratique de compétition, le mouvement sportif se doit de favoriser des pratiques davantage axées sur les loisirs, la santé et le bien-être. L’approche du sport doit être plus ludique, plus conviviale, plus familiale aussi.

D’abord mamans...

Sur ce dernier point, il est important de favoriser le développement d’activités croisées mère- enfants, où les jeunes auraient des activités aux mêmes horaires que celles de leur mère... Sportives oui, mais d’abord mamans... Pour les plus jeunes, la solution peut passer par la création de crèches ou de structures d’accueil au sein même du club ou au départ d’une course pendant que les mamans se dépensent. D’une manière générale, les conditions pratiques de l’exercice du sport doivent faire l’objet d’une attention particulière : horaires adaptés, durée, transport... Les femmes sont souvent davantage prises par le temps qu’elles consacrent à leur famille et à l’éducation de leurs enfants.

Charte et formations

Pour inciter le mouvement sportif à mettre en œuvre toutes ces recommandations, une charte pour la féminisation des clubs pourrait être mise en place entre le CTOS, les ligues et les clubs. De même, des formations spécifiques pourraient être proposées, via notamment le Crib, afin que les femmes soient plus souvent présentes au sein des instances dirigeantes.

Au final, encourager les fédérations, les ligues, les comités et les clubs sportifs à davantage de mixité offre plus d’un avantage : d’abord, on vient de le voir, cette politique permet à de nombreuses femmes, qui en sont privées jusqu’à présent, d’avoir accès aux activités sportives. Elle permet aussi aux clubs, par ricochet, d’augmenter le nombre de licenciés. En outre, ce sont aussi les femmes qui jouent un rôle prédominant dans le choix des activités sportives de leurs enfants. Bien accueillir les premières, c’est se donner de sérieuses chances de voir arriver les seconds. Une politique gagnant/gagnant(es) en quelque sorte.

L’école et les collectivités aussi...

Le mouvement sportif ne doit pas être le seul à se lancer dans cette politique volontariste pour faciliter l’accès des femmes au sport. La pratique mixte de certaines disciplines doit être étendue au cadre scolaire et parascolaire.

De même les collectivités doivent être associées à toute démarche volontaire en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes. Les nouveaux équipements doivent systématiquement prendre en compte la présence des femmes, tant dans les gradins que sur le terrain et dans les vestiaires. Il faut aussi davantage de femmes dans l’encadrement, chez les professeurs et les animateurs sportifs.

Des conventions d’objectifs, des subventions ou des aides diverses peuvent être des moyens pour faciliter la mise en place de telles démarches.

Challenge de femmes 2009

26 550

En 2012, le nombre de licenciées chez les femmes (26 550) est environ 40 % inférieur au nombre de licenciés chez les hommes (45 543). Cet écart est constant depuis plusieurs années.