Conduites a tenir face aux accidents sportifs

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Les gestes à faire ou à ne pas faire sur le terrain lors d'un accident sont fondamentaux, car ils peuvent modifier de façon profonde l'évolution du problème (en bien ou en mal). D'une manière générale, mieux vaut ne rien faire si on ne sait pas ! Quelques conseils simples peuvent tout de même rendre service…

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Dans les accidents graves

En cas de perte de connaissance

La personne ne répond plus aux sollicitations externes (voix, pincements...), il faut alors :

  • Rechercher le pouls et la respiration, en cas d'arrêt respiratoire et/ou cardiaque, effectuer la respiration artificielle et le massage cardiaque externe.
  • Sinon, allonger le blessé en Position Latéral de Sécurité (P.L.S.) : allongé sur le côté, le membre inférieur le plus éloigné du sol plié, les bras légèrement en avant du corps. Ceci permet à d'éventuels vomissements de s'évacuer.
  • Appeler les secours 15 ou 18.

En cas de choc très violent ou de traumatisme au niveau de la colonne vertébrale

Ne pas bouger le blessé et attendre les secours, sauf danger immédiat. En effet, la colonne vertébrale protège la moelle épinière.

S'il existe une fracture à ce niveau, il y a un risque en mobilisant le blessé de déplacer les vertèbres fracturées et ainsi d'abîmer les faisceaux nerveux constituant la moelle épinière (avec risque de paralysie).

Fracture d'un os (fémur, tibia...) ou luxation :

  • Quelle que soit la partie du corps concernée, si l'on suspecte une fracture, il faut immédiatement et totalement immobiliser la partie fracturée (bras, jambe). On évite ainsi de déplacer la fracture et donc on réduit la douleur.
  • S'il existe une plaie au niveau de la fracture, appliquer un désinfectant et une compresse stérile puis suivre les mêmes règles que pour une fracture simple.

Dans les accidents d'allure bénigne

Dans le cas d’accidents n’ayant pas l'air d'être grave, le problème se pose de savoir si la reprise du sport est possible, si une consultation est nécessaire et quand ? Il faut savoir que certains traumatismes paraissent bénins (comme les entorses par exemple) alors qu'en réalité il existe des lésions importantes.

Reprise du sport ?

À l'entraînement, le principe « Tout Traumatisme = Arrêt du Sport et Consultation Médicale » reste toujours valable. Le problème se pose essentiellement lors d'une compétition. Le principe reste le même, si au bout de quelques minutes de repos la gêne reste importante ou s'il existe des signes de gravité, il est alors impératif d'arrêter le sport sous peine d'aggravation du problème.

Que faire sur le terrain ?

En cas d’entorse ou de traumatismes musculaires, il faut mettre en place le protocole G.R.E.C. le plus tôt possible et le poursuivre quelques jours après car il permet de réduire les dégâts occasionnés par la blessure et donc la période d’indisponibilité.

Glaçage : répété 3 à 4 fois par jour durant 20 minutes. La poche de glace doit épouser parfaitement le muscle/articulation. Attention de ne pas mettre la glace au contact direct de la peau car cela pourrait provoquer des brûlures.

Repos : impératif de mettre le muscle/l’articulation blessé(e) au repos de manière à ne pas aggraver les lésions.

Élévation : surélever par rapport au reste du corps le membre traumatisé afin de réduire la douleur et le gonflement.

Compression : la zone traumatisée compressée contribue à réduire son gonflement. Pour cela, l’utilisation de la bande élastique pour la comprimer est préconisée. Attention cependant à ne pas couper la circulation sanguine.

Il ne faut JAMAIS MASSER UN MUSCLE FRAÎCHEMENT BLESSÉ, cela pouvant nuire à la guérison. Le traitement des accidents musculaires est d'abord le repos plus ou moins prolongé suivant la gravité (de 48 heures à 6 semaines) associé à une rééducation adaptée par un kinésithérapeute du sport. La reprise du sport ne se fera JAMAIS avant la guérison complète. En cas de reprise trop précoce, le sportif s'expose à un nouvel accident qui peut alors compromettre son avenir sportif.

Consultation en urgence ou en différé ?

L'idéal est de pouvoir consulter son médecin préféré en urgence. Si cela n'est pas possible (le soir, les week-ends et jours fériés), deux attitudes sont possibles :

  • Si la gêne est peu importante, il est possible de patienter 24 à 48 heures avant de consulter son médecin en respectant les conseils donnés ci-dessus (les glaçages peuvent être effectués 3 à 4 fois par jour).
  • Sinon une consultation dans un service d'urgences est nécessaire afin d'éliminer une pathologie grave (fracture par exemple).

Les numéros d’urgence :

15 : SAMU > besoin médical urgent, malaise, hémorragie, douleur thoracique, difficultés respiratoires

17 : POLICE ou GENDARMERIE > violences, agressions…

18 : POMPIERS > incendie, brûlure, électrocution, accident de la route…

 

Conduites à tenir au téléphone avec les secours
Dans tous les cas, pour faciliter et accélérer le traitement de votre appel, pensez à préciser ces 3 points :

  • Qui je suis ? Vous êtes victime, témoin... Donner un numéro de téléphone sur lequel vous resterez joignable.
  • Où je suis ? Donnez l'adresse précise de l’endroit où les services doivent intervenir.
  • Pourquoi j’appelle ? Précisez les motifs de votre appel.

N’oubliez pas de vous exprimer clairement auprès de votre interlocuteur. Le temps que vous passez au téléphone n'est jamais inutile, ne retarde jamais l'intervention et permet la meilleure réponse à l'urgence pour laquelle vous l'appelez.