L'entrée de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande aux Jeux du Pacifique

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Indiscutablement, il y aura un avant et un après 2015 dans l’histoire des Jeux du Pacifique. Actée lors de la dernière assemblée générale du conseil des Jeux, la participation des Australiens et des Néo-Zélandais va forcément changer la donne. Le CTOS souhaite que cela ne se fasse pas au détriment des Calédoniens, bien sûr, mais également de l’ensemble des îliens de la région. Le risque, à terme, étant l’éviction des premiers et l’écrasement sportif des seconds. Explications…

Aus NZ JdP

Repoussée une première fois en septembre 2013 (lire encadré), la résolution prévoyant l’insertion progressive des athlètes australiens et néo-zélandais aux Jeux du Pacifique a finalement été votée lors de la dernière assemblée générale du Conseil des Jeux, début juillet.
Ainsi, dès l’année prochaine, les deux géants de la région participeront aux compétitions. Certes, cette participation restera limitée dans un premier temps (lire encadré) mais pourrait être amenée à devenir de plus en plus grande au fil des éditions.

Du bon...

Alors, doit-on ou non se réjouir de l’arrivée de nos deux grands voisins dans cette olympiade réservée jusqu’à présent aux « petites îles » ?
On peut d’abord penser que la participation des athlètes kiwis et wallabies permettra à terme aux Cagous de progresser. Ceux-ci seront sans doute les premiers bénéficiaires de cette opposition relevée, comme cela est déjà le cas dans des rencontres telles que les Oceanias.

… et du moins bon…

Ce qui est vrai pour les Calédoniens l’est beaucoup moins pour les pays plus modestes, qui vont se voir davantage privés d'accès au podium.
Et quid des différences de standard et de moyens (les uns à l’hôtel et les autres en internat) ? De mentalité (une qualification facile aux J.O. ou aux Championnats du Monde comme seul intérêt) ? Et d’ambiance (rappelons-nous l’origine des Jeux du Pacifique) ?
Et quid enfin du niveau sportif ? En effet, rares sont les disciplines dans lesquelles les performances des Océaniens sont proches voire supérieures à celles de nos grands voisins (haltérophilie, force athlétique, rugby…).

Un avenir incertain ?

OZNZPour la Nouvelle-Calédonie, un autre sujet inquiète : comme six autres membres de l'actuel Conseil des Jeux, le CTOS de Nouvelle-Calédonie n’est pas un comité olympique national (CNO). Il n’est donc pas, de ce fait, membre du Comité International Olympique (CIO). C’est la raison pour laquelle les Cagous ne participent pas directement aux Jeux Olympiques, nos athlètes devant se qualifier à travers les équipes de France pour y accéder.Or, à ce jour, le seul intérêt des Australiens dans leur participation à des Jeux océaniens est de pouvoir se qualifier directement aux Jeux Olympiques et aux championnats du Monde sans avoir à chercher une qualification beaucoup plus difficile et onéreuse contre des pays plus performants et lointains. Mais souffriront-ils longtemps de se faire éliminer par des athlètes de pays non sélectionnables pour les J.O. ?Il existe un sérieux risque qu’à terme, pour pouvoir aller au bout de leur démarche, les Australiens et les Néo-Zélandais n’évincent des Jeux les participants non membres du CIO. 

Pressions...


Le 8 septembre 2013, la résolution prévoyant l’insertion progressive des athlètes australiens et néo-zélandais avait été rejetée par une majorité des membres du Conseil des Jeux. Des pressions et la menace d’un arrêt de subventions sportives ont alors été exercées sur les pays afin que ces derniers reviennent sur leur décision.

Lors de l’AG de juillet dernier, la proposition a donc été acceptée. Constatant que tout était joué, la Nouvelle-Calédonie fut la dernière à ratifier le protocole d’accord, non sans avoir au préalable réussi à faire accepter deux amendements importants.
Le premier concerne une reconnaissance par le CIO et les fédérations internationales de l’ensemble des participants aux Jeux. Cette démarche permettra aux ligues calédoniennes qui ne le sont pas encore d’adhérer aux fédérations océaniennes.
Le second implique que les épreuves des Jeux du Pacifique ne seront qualificatives pour les J.O. et championnats du Monde qu’à la condition que ce label n’exclue aucun des 22 pays membres du Conseil des Jeux du Pacifique.

Une participation progressive…



D’abord prévu à huit disciplines, la participation des athlètes australiens et néo-zélandais est finalement limitée à quatre sports lors des Jeux de Papouasie-Nouvelle-Guinée : Haltérophilie, rugby, taekwondo et voile.
Si l’essai est transformé, cette participation pourrait augmenter au fil des éditions.