La violence dans le sport : les pistes proposées

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C’est indéniable, même si elle a toujours existé, la violence dans le sport ne cesse d’augmenter. Pire, elle commence peu à peu à se banaliser. Violence sur le terrain, violence sur le banc de touche, violence dans les tribunes… Qu’elle soit physique ou verbale, survenue lors des rencontres ou à l’entraînement, elle va à l’encontre des valeurs véhiculées par le sport et de ce pour quoi on le pratique : le plaisir de se retrouver ensemble. Certes, en Nouvelle-Calédonie, nous sommes encore loin de ce qui peut exister ailleurs. Mais elle est là, bien présente et tout l’enjeu est de réagir avant qu’il ne soit trop tard…
À la demande d’une ligue, le CTOS a organisé une table ronde sur le sujet afin de lancer des pistes de réflexion. Autour de la table, encadrants, entraîneurs, arbitres et joueurs ont planché sur les causes et les remèdes – concrets – à apporter. Premières idées…

 violence sport

 Former à tous les niveaux

Une des causes principales qui engendrent des violences dans le sport est la contestation fréquente des décisions de l’arbitre. Cette contestation a plusieurs explications, à commencer par le manque de formation et de connaissance des règlements des acteurs eux-mêmes : les arbitres, mais surtout les joueurs et les entraîneurs.

On le sait, l’éloignement avec la Métropole rend l’organisation de  stages plus compliquée : il existe peu de personnes spécialisées en Nouvelle-Calédonie aptes à former. Il faut donc les faire venir, ce qui est coûteux.

Du côté des « élèves », il faut aussi avoir des disponibilités pour suivre ces formations. Pas toujours simple lorsqu’on est bénévole… Sur ce point, les bénévoles pourraient être davantage accompagnés lors de leur demande de congé légal de 6 jours de formation, mesure qui existe mais qui connaît quelques difficultés à être appliquée, en raison notamment des réticences de certains employeurs.

FA formationLes solutions proposées

Il s’agit donc d’augmenter le nombre de  formateurs locaux pour faire appel à eux le plus souvent possible. Pour cela, il est nécessaire de favoriser leur perfectionnement en Métropole.

Cette solution n’est pas toujours possible et le déplacement de formateurs métropolitains s’avère alors nécessaire. Mais, afin que ces formations puissent bénéficier à tous, un système par modules comprenant un tronc commun et des ateliers spécifiques aux fonctions de chacun pourrait être suggéré et proposé aux fédérations françaises qui conçoivent et délivrent les diplômes fédéraux.

En outre, très peu d’acteurs du mouvement sportif sont formés à la gestion des comportements violents, à la médiation  ou à la gestion des conflits. Des modules sur ces thèmes pourraient être rajoutés aux formations.

 Sensibiliser les jeunes, les encadrants et le public

L’attitude des joueurs, l’importance de l’entraîneur qui prime sur celle de l’arbitre, et le manque de respect de certains spectateurs et suscitent également la remise en cause des décisions arbitrales, provoquent des tensions entre joueurs et débouchent souvent sur des actes violents.

Il s’agit ici de sensibiliser chacun d’eux aux valeurs du sport qui doivent être véhiculées et à l’importance d’éviter les comportements provocateurs,  insultants  voire injurieux, qui sont sources de conflits débouchant eux aussi, bien souvent sur des actes violents…

Les solutions proposéesrespect

Il faudrait impliquer davantage (à l’instar de ce qui se fait en UNSS) les jeunes à tous les postes inclus dans les activités sportives (arbitrage, gestion du matériel, entretien…). On peut espérer ainsi que les joueurs seront plus tolérants et sensibilisés aux problèmes rencontrés dans ces activités. Mécaniquement, ils auront plus de respect pour ces fonctions.

Il est aussi nécessaire de travailler en partenariat avec les référents des milieux socio-éducatifs et les animateurs de quartier, qui, à leur niveau, défendent et expliquent aussi les valeurs de respect, les comportements acceptables et inacceptables  et l’importance du fair-play.

Le public doit également faire l’objet de sensibilisation au moyen de campagne de communication, de rappel des bases du fair-play par exemple avant chaque match…

 Sanctionner et motiver

Il existe des règlements fédéraux pour sanctionner les fautes graves, ainsi que des barèmes de sanctions à destination des personnes siégeant aux commissions de discipline. Le panel de sanctions et la possibilité d’étendre ces dernières d’une ligue à l’ensemble des autres est possible mais semble difficile à mettre en place… 

Pascal Chaliot prix du fair play 2013Les solutions proposées

Plutôt que d’appliquer des sanctions strictement punitives (exclusion, suspension), il faudrait les rendre productives et amener le fauteur à la réflexion.  Les travaux d’intérêt général en sont un bel exemple.

Donner des amendes aux clubs dont les dirigeants ou les encadrants ont des comportements déviants, enlever des points de classement aux équipes litigieuses sont des exemples d’autres pistes à explorer…

Dans les cas extrêmes, les personnes ayant des comportements très violents (menaces dangereuses, coups physiques et blessures volontaires) pourraient être sujettes au renvoi définitif et à l’impossibilité de se licencier dans toute autre ligue.

Cette mesure, de part sa sévérité, a le mérite d’être exemplaire. Elle fera certainement réfléchir et pourrait non seulement limiter les violences graves mais aussi dissuader les auteurs de fautes plus modérés.

Mais la répression ne peut être le seul moyen. Motiver et récompenser les joueurs et les équipes en proposant des prix du fair-play s’avéreront très bénéfiques.

 Se donner les moyens

Le seul organisme adapté, quand il existe, reste la commission de discipline. Théoriquement, cette dernière doit pouvoir être réunie à tout moment, et sa composition est définie dans les statuts ou règlement intérieur, mais dans les faits, elle demeure très difficile à constituer…

6O2A9205Les solutions proposées

Le manque de personnes ressources pour la constitution des commissions de discipline pourrait être résolu  en constituant un collège d’arbitres « multisports ». Les ligues pourraient ainsi solliciter auprès de ce collège des personnes ressources compétentes et neutres.

En outre, une cellule de support juridique pourrait être créé avec pour fonction de conseiller les membres des commissions de discipline.