Sefo Siega, de Dumbéa à l’équipe de France

22/08/19
A
 

Sefo Siega, de Dumbéa à l’équipe de France

À 29 ans, le Dumbéen fait désormais partie des cadres de l’équipe de France à 7, un an après son arrivée. Une belle ascension pour un pur produit du rugby local.

Sefo Siega sur le terrain en plein match de Rugby

Parler de l’histoire de Sefo Siega, c’est parler du concept même de destin. Un joueur qui semble taillé exactement pour être là où il est, au moment où il l’est. Car il était difficile de deviner en 2012, après un passage avorté avec l’équipe de France, d’imaginer qu’il allait, bien des années plus tard, en devenir l’un des tauliers.
À l’époque, il est repéré lors d’un passage de France 7 sur le Caillou durant une tournée dans le Pacifique. « J’ai fait des essais là-bas, se souvient l'ailier. Ça s’était bien passé, mais je ne voulais pas rester en Métropole. Je me souviens que tout s'était fait très vite, avec un départ presque du jour au lendemain. Cela m’avait perturbé. » Il avait alors à peine 22 ans, et s’en était retourné à sa vie normale… entre boulot et rugby avec le club de l’URCD, dont il porte le maillot depuis la création du club en 2006.
Mais on dit parfois que l’histoire a tendance à se répéter, et c’est l’une de ces itérations qui remet le Cagou dans la course, six ans plus tard. « L’équipe de France était de nouveau là pour s’entraîner lors de sa tournée dans le Pacifique, avant les manches de Nouvelle-Zélande et d’Australie. Je me souviens que le staff des Bleus cherchait des joueurs locaux pour l’entraînement. Franchement, je ne pensais pas du tout qu’il me proposerait un nouvel essai. »

Cap sur Tokyo
C’est pourtant exactement ce qui se passe. Sefo Siefa part finalement pour un essai de trois mois au début de l’année 2018 et tout s’emballe. « J’ai même participé à des manches du World Series (le circuit mondial du rugby à 7, NDLR). ».
Tout se passe finalement si bien qu’il signe un contrat fédéral et intègre ainsi le groupe France. « J’ai énormément travaillé pour être au niveau physique. Mais je n’ai pas à me plaindre. Je vis désormais de ma passion. » Au terme de sa première saison, le Calédonien termine avec un bilan de 18 essais, soit le deuxième meilleur marqueur de l’équipe de France. Il aura été l’une des pièces maîtresses des Bleus, artisan de leur bonne septième place mondiale. Désormais, il peut voir l’avenir plus sereinement puisqu’il a renouvelé son contrat pour deux ans. Plus sereinement mais plus tranquillement… Un nouveau défi de taille se dresse en effet devant lui, et tous ses coéquipiers : une qualification pour les Jeux Olympiques. Cela passera par un tournoi de qualification au mois de mai. Dernier moment pour valider le ticket pour Tokyo. Et si Sefo y est, c’est que c’était son destin.

Crédit photos MRB et AFP.