Emma Jouy rêve d'Europe

15/11/16
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JOUY EMMA 2561Voici bientôt un an qu’Emma Jouy a quitté la Calédonie pour lancer sa carrière de joueuse de tennis en France. Bénéficiaire du PAN (Plan Avenir National), l’ancienne sociétaire du TC Mont-Coffyn est désormais installée avec sa mère à Fréjus (Var). À seulement 11 ans, elle se voit déjà en haut de l’affiche.

Pas le temps d’être nostalgique. Ni l’envie. Emma Jouy est sur les bords de la Méditerranée pour progresser techniquement et gagner un maximum de matches. Arrivée en décembre 2015 avec sa maman, la Cagou a fait son choix et sa route est aussi droite que les lignes des courts où elle s’entraîne et joue plus de 15 heures par semaine.

Entre mer et montagne

« Je suis venue ici pour jouer dans les meilleures conditions possibles, explique-t-elle. En France, il y a plus de tournois, plus d’adversaires. C’est mieux pour ma progression dans mon tennis. » Après un stage à Boulouris (Var) l’an dernier, Emma est remarquée et intègre le programme d’avenir national. Quelques semaines plus tard, elle s’installe à Fréjus. « Quitter la Calédonie n’a pas été trop dur, confie-t-elle. Je me suis facilement intégrée, et puis à Fréjus, j’ai la mer et la montagne. C’est plus facile ici qu’ailleurs en France sans doute (rires). »

Cela dit, Emma et Alexandra, sa mère, n’ont pas eu le temps de faire du tourisme. « On ira se promener plus tard, je me concentre entièrement au tennis, à mes entraînements et aux tournois », assure la jeune fille qui n’a même pas encore été assister aux tournois ATP voisins de Marseille ou Monte-Carlo. « Plus tard, plus tard », répète celle qui est désormais inscrite au CNED pour adapter totalement ses semaines à la petite balle jaune.

Blessures

On en revient donc à l’essentiel : la progression de son jeu. « Ce qui m’a le plus marquée en un an ce sont la qualité des entraînements et le travail physique. À St Raphaël où je joue, j’ai un prof physique, un prof de club, un prof de ligue. Il y a aussi un entraîneur national qui nous accompagne sur tous les stages. »

La semaine type d’Emma ? « Il n’y en a pas forcément. Elle peut être légère, moyenne ou lourde. En général, je passe de 9 à 14h par semaine sur les courts. » Ce qui est sensiblement  la même chose qu’en Calédonie. Mais qui s’explique par une année compliquée sur le plan physique. « J’ai eu pas mal de blessures cette saison, explique-t-elle. Je suis assez fragile et on a donc adapté le volume d’entraînements à mes différentes reprises après chaque pépin. » L’épaule, le poignet, le talon, des douleurs de croissance, les abdominaux, et une lésion aux quadriceps. La liste des bobos est longue et Emma espère en avoir fini. « Ça m’a gâché pas mal de tournois, notamment en Allemagne cet été (août) où j’ai du abandonner alors que je me sentais bien. »

Plusieurs victoires et Paris en ligne de mire

Emma Jouy wb

Il n’empêche, ses résultats ont été très bons : championne d’Europe par équipe en janvier, vainqueur du tournoi national 11 ans en mai, vainqueur de deux tournois 15/16 ans en juillet à Roquebrune et Draguignan, Emma est revenue aussi forte en octobre dernier en s’imposant sur le tournoi national de St Cyprien dans sa catégorie d’âge. « Je suis vraiment satisfaite de ma saison malgré toutes mes blessures et je suis bien rétablie depuis le mois d’août », confirme-t-elle.

Prochaine échéance : le 28e Open International des 10-12 ans, sur les courts de Boulogne-Billancourt, du 17 au 24 décembre prochain à Paris. Un tournoi réservé aux moins de 12 ans Tennis Europe. « Tout aussi important que celui en Allemagne au mois d’août mais en France cette fois », lâche la joueuse calédonienne qui fait remarquer avec fait « quasiment tous mes tournois en ayant un an de moins que mes adversaires. À Paris, je serai dans ma catégorie d’âge. » Emma avait passé un tour au TCBB l’an passé. Elle y revient avec l’envie de faire « beaucoup mieux. »

Europe 2017 ?

Une perf la lancerait idéalement sur les tournois Tennis Europe 2017, une saison où elle se voit encore progresser pour vite passer à des ITF, réservés aux 14-16 ans. « J’ai forcément des rêves, glisse-t-elle. Je me vois bien en tête d’affiche. »

Une ambition qui passe par des heures et des heures de travail raquette en main. « À St Raphaël car je m’y sens vraiment très bien » et qui exclu tout retour au pays dans l’immédiat. « Je me concentre vraiment sur mon projet en France. Je n’ai pas le temps de rentrer en vacances en Calédonie pour le moment. » On la comprend.

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