Direction le Japon pour Jacques Boucheron

6/10/16
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Après quatre ans passés à Sénart (Île de France), Jacques Boucheron s’apprête à quitter le club des Templiers avec lequel il a été champion de France en 2014 et qui lui a ouvert les portes de l’équipe de France. Longtemps tenté par l’Australie, le Cagou va poser ses valises à Osaka, au Japon, le mois prochain.

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Comme depuis quatre ans, Jacques Boucheron prend tous les jours le chemin de l’entraînement. Quand bien même la saison n’a pas reprise, il se rend sur le diamant pour s’entraîner avec ses futurs ex-coéquipiers ou bien encore tout seul. A Sénart, le Calédonien a ses habitudes, ses repères, connaît tout le monde.

Dans un mois, il dira adieu à tous ceux qui l’ont accueilli en septembre 2012 quand il arrivait de son île du Pacifique sud. Une longue parenthèse qu’il s’apprête à refermer. Non sans émotion. « Ça me fait quelque chose car je suis comme chez moi ici, tout le monde me connaît, même les plus jeunes joueurs. Personne ne veut que je parte. Ça va être un moment très, très dur… »

Quatre ans de progrès à Sénart

BOUCHERON2Partir pour grandir. Le Cagou l’a déjà fait lorsque, joueur majeur des Rhinos de Magenta et cadre de la sélection aux Jeux du Pacifique 2011, il s’est envolé pour la France à l’été 2012. Une séparation difficile elle aussi mais ô combien bénéfique. « Je ne progressais plus en Calédonie, je tournais en rond. Il fallait que je passe au niveau au-dessus. Grâce aux Templiers, j’ai énormément progressé. »

Champion de France et vainqueur du Challenge de France en 2014, meilleur frappeur du club et 2e français cette saison, le Cagou confie sortir d’une « belle saison » sur un plan personnel. »

 

 
Forfait pour l’Euro

Malheureusement ternie par une finale nationale perdue contre Rouen, « alors qu’on était meilleurs qu’eux en attaque comme en défense, mais on s’est trop mis la pression »; et par une blessure fin août en match de préparation aux championnats d’Europe qui l’a contraint à déclarer forfait pour l’Euro du mois dernier. « J’étais très déçu car je voulais faire quelque chose. Quand j’ai vu le résultat (7e place pour la France, ndlr), j’étais encore plus déçu car je sais que j’aurais pu apporter un plus à l’équipe. »

« Je stagne dans le championnat français »

Aujourd’hui, après quatre années dans l’élite du baseball français, Jacques dresse un constat similaire à celui de son départ de la Calédonie. « On peut dire que j’ai fait le tour. Je ne progresse plus dans le championnat français. Je stagne. Il me faut partir à l’étranger. » Le départ avait déjà été envisagé l’an dernier. Il y avait déjà quelques touches australiennes, mais qui sont arrivées trop tardivement. Et Boucheron a rempilé une dernière saison. Jusqu’à ce qu’il décide de plier bagage.

« L’Amérique, c’est du baseball spectacle »

Pour quelle destination ? L’Amérique s’imposerait logiquement, mais le Cagou frappe hors des limites : « Non, pas l’Amérique. Le baseball spectacle et tout l’argent qu’il y a autour, ça ne m’intéresse pas. » L’Australie ? « Je n’ai pas eu de nouvelles ces derniers temps. » Le Japon ? « Je pars début novembre pour faire des essais à Osaka. Dans une ligue semi indépendante. Je connais le Japon et la région d’Osaka, j’y suis allé il y a plusieurs années avec la sélection calédonienne. J’adore la façon de jouer du Japon où la technique prime avant tout. J’adore ça. Il y a énormément de respect. Ça me plait. »BOUCHERON1

Deux journées d’essais à Osaka

Supervisé par un recruteur japonais avec lequel il s’est entretenu en France ces derniers temps, Jacques Boucheron s’envole le 4 novembre pour le pays du Soleil levant. Une semaine plus tard, il passera deux journées d’essais. « Devant plusieurs recruteurs japonais. Ils placeront chaque joueur dans des équipes selon le potentiel de chacun. On m’a déjà confirmé que j’avais le niveau pour entrer dans un club sans problème. »

Dans quatre ans les JO à Tokyo

A quatre ans des Jeux de Tokyo-2020 et de l’entrée du baseball au programme olympique, Jacques n’a pas forcément le regard empli d’étoiles. « J’ai 24 ans, je sais que ce sera une occasion unique mais je ne construis pas ma carrière sur ce projet. Forcément, si c’est réalisable, je serai le premier à tout faire pour être aux JO. »

Avec seulement six équipes engagées pour le tournoi olympique, la qualification sera très difficile pour la France. « Mais impossible n’est pas français ! » lance-t-il.

Devenir entraîneur pour revenir au pays

Alors que sa carrière prend un nouveau virage, Jacques Boucheron ne renonce pas à son plan d’avenir pour le baseball calédonien. « Avant même de partir pour le Japon, j’ai reçu l’assurance du Montpellier université club baseball de débuter une formation pour devenir entraîneur. Mais comme personne à Sénart ne veut me voir partir là-bas, je vais être obligé d’intégrer un club à Osaka et de passer mes diplômes au Japon (rires) ! » Plus sérieusement, le Cagou conclu : « Ça me permettra d’assurer mon avenir et surtout de travailler en Calédonie. Il y a  un énorme potentiel chez nous. Je veux devenir coach de baseball pour revenir un jour en Calédonie. Pour y aider les jeunes. »

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