Dans la roue de Florian Barket

14/03/16
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Le CTOS vous emmène en Loire-Atlantique, sur les traces du cycliste Florian Barket. Découverte d’un jeune talent partagé entre les études, le vélo et sa Calédonie natale.

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Pour sa seconde année au sein de l’équipe cycliste Team U Nantes-Atlantique (DN1), Florian Barket apprend à vivre seul. Ses parents, qui l’accompagnaient depuis son arrivée en métropole en 2011, sont rentrés au pays. Une coupure difficile à vivre pour le jeune homme qui a fêté ses 20 ans début janvier sans eux. Mais qui, assurément, le fait grandir comme il le reconnait : « C’est un mal pour un bien, je suis obligé de me prendre en main, de faire les courses ménagères, de m’occuper de mon chez-moi… »

« Sans mes parents, c’est vraiment difficile »

barket portraitSon « chez-moi » est à La Chapelle-sur-Erdre, à une dizaine de minutes au nord de l’agglomération nantaise. C’est ici que Florian se pose lorsqu’il n’est pas assis dans une salle de cours ou sur son vélo. Ses deux uniques occupations.

Qui prennent cette année un virage important. « Si je valide ma 3e année de STAPS (il veut devenir coach de sportifs, ndlr), j’ai fini mes études et je peux entièrement me consacrer au vélo, confie-t-il. La saison, qui a repris il y a quelques semaines, est elle aussi importante car je dois me montrer davantage sur les courses. »

Après une longue coupure, entamée dès son retour du pays et de sa participation au Tour de Nouvelle-Calédonie (11e place), Florian a repris le chemin de l’entraînement. Sans ses parents donc. Eux qui le couvaient depuis son départ de la maison voici plus de quatre ans, sont rentrés à Nouméa. « Contrairement à d’autres sportifs, je n’avais pas ressenti de séparation ; Être loin de chez soi est une chose, ne plus être avec son père et sa mère en est une autre. Là… c’est difficile » reconnait-il. L’affectif est touché, l’organisation du quotidien aussi.

 « J’aimerais passer pro »

Heureusement, il y a le vélo. Avec la montée en DN1, la première division cycliste, les ambitions nantaises ont été revues à la hausse même si « la philosophie du Team U Nantes-Atlantique est de former des pros. En moyenne, un par saison, explique-t-il. Mais l’équipe veut aussi se maintenir en DN1. On veut terminer entre la 7e et la 15e place cette année. » Le visage de l’équipe version 2016 a ainsi été totalement modifié : seuls trois coureurs, dont Barket, ont été conservés sur les 16 qui la composaient l’an dernier.

« Ce n’est pas étonnant, assure le jeune homme. Les clubs formateurs changent souvent leur effectif. Ça ne m’a pas perturbé, le groupe est même mieux que l’an passé. »

Cela peut-il rejaillir sur ses performances individuelles ? « Sans doute; comme tout le monde, j’aimerais passer pro. Mais je ne suis pas pressé. On passe pro vers 22-23 ans », certifie celui que l’on considère souvent comme impatient de nature. Cette saison, Florian veut surtout « (me) montrer, faire des résultats, continuer à (me) faire plaisir. » Sans se poser de questions.

Gané : « Il sera peut-être le nouveau porte-drapeau »

barket action2Celles qu’il se pose relèvent plutôt de la nutrition, « mon autre passion » souffle-t-il. Quand il n’est pas sur son vélo, Florian se plonge dans les livres qui en parlent. Il faut dire qu’avec 20 heures de vélo et autant d’études par semaine, il passe son temps libre chez lui. Pas de sortie, ni cinéma ou restaurant. « C’est une vie faite de sacrifices mais j’ai commencé à l’âge de 6 ans et j’ai les mêmes habitudes depuis si longtemps… » Que ce soit à La Foa, à l’AC Le Nickel et à l’EC Rennes - où le manager Yves Delacour avait confié à son arrivé que « de tous les juniors que j'ai vu passer au club, Florian est sans doute le plus doué ! » - , chez les SojaSun espoirs et désormais en DN1 à Nantes, le cycliste calédonien continue de séduire. Pascal Déramé, le manager de l’équipe U Nantes-Atlantique, dit de lui : « C’est un bosseur, un bon rouleur, disposant de grosses qualités en contre-la-montre. »

Pour sa deuxième saison nantaise en DN1, Florian se sait épaulé par les entraîneurs du club, « qui élaborent mon calendrier de courses », et par une figure du cyclisme français et calédonien. Laurent Gané l’a pris sous son aile. « On échange beaucoup, il m’envoie mon programme d’entraînement et de préparation physique » explique Florian. « Il sera peut-être le nouveau porte-drapeau qui va redonner de l'élan au cyclisme calédonien », assure Gané.

« Tout me manque »

Pour y parvenir, Florian Barket sait qu’il doit encore redoubler d’efforts. Et qu’il ne reverra pas sa Calédonie de sitôt. « La famille, mes soeurs, mes amis, la piscine, le soleil, la nourriture ! Tout ça me manque. Ce n’est pas toujours facile. » Présents sur toutes ses courses depuis ses débuts, ses parents laissent ainsi un vide qui le mine même s’il peut compter sur eux à tout moment. « Ils sont toujours là pour moi, ils suivent mes courses en pleine nuit à Nouméa ! Avec le décalage horaire, on fait des débriefings à 4h du matin pour eux. »

On se quitte sur ses mots. Avant que Florian Barket, malicieux, ne glisse pour conclure : « Mes parents savent que j’ai absolument besoin d’eux pour ma carrière. Ils ont pris leur billet pour la France début avril. Sans date de retour… »

Photos : Noël Aubron/UCNA

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