Lovaïna Tetuira, la rame dans l'âme

3/06/15
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Le moins que l'on puisse dire c'est que Lovaïna Tetuira est une jeune fille déterminée. « Mon père ne voulait absolument pas que je me lance dans le va'a, raconte-t-elle. Pour lui, je devais faire de la danse tahitienne. Il a tout fait pour me dissuader. » Alors tous les soirs, Lovaïna, qui n'avait que 11 ans à l'époque, vient assister à l'entraînement de va'a. « Il a fini par céder », sourit la jeune athlète. Le papa, Billy Tetuira, décide même de l'entraîner. « J'en ai bavé ! Il n'y avait pas de cadeau pour la fille. Sur l'eau, ce n'est pas mon père mais mon coach », raconte Lovaïna.

La jeune fille s'entraîne dure, motivée par le parcours de son père et de son frère, Mitch. « Ils partaient à l'autre bout du monde pour participer à des compétitions, moi aussi je voulais voyager... »

A force d'acharnement sur l'eau - «  j'ai ramé », plaisante-t-elle -, la jeune athlète se fait remarquer et participe en 2008 aux championnats du monde de Sacramento. Puis ce sera les îles Cook l'année suivante et les Jeux du Pacifique de Nouvelle-Calédonie en 2011, où elle décroche la médaille d'argent en longue distance et en vitesse.

Le podium en ligne de mire

2012 marquera le début d'une pause dans sa carrière d'athlète. « Je passais mon bac, je n'ai pas pu participer aux championnats du monde au Canada. Et puis j'ai commencé un BTS de comptabilité. Je n'avais plus la tête à la compétition. »

Diplômée l'an dernier, Lovaïna reprend du poil de la bête. « La perspective des Jeux m'a redonné le goût de ramer », explique la licenciée de l'AS Sato. La camaraderie qui règne au sein de la sélection l'a aussi aidée dans ce retour gagnant : « On s'entend très bien, c'est un plaisir de se retrouver sur l'eau », dit-elle. Ce que veut Lovaïna ? « Décrocher une médaille. En individuel on verra, mais en équipage, je suis sûre que si on travaille dur, on sera sur le podium ! » Quels que soient les résultats obtenus à Port Moresby, la jeune fille a déjà réalisé une partie de son rêve : « Avec le va'a, j'ai visité beaucoup d'endroits différents. Je n'aurai jamais fait tous ces voyages sans la compétition. »