Thierry Washetine, humilité et puissance

25/08/14
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À 35 ans, Thierry Washetine ne manque pas de ressources. Dans le monde du sport adapté, l’athlète calédonien a largement démontré son talent. Après une période plus calme, le voici de retour en grande forme, parmi les plus grands.

août thierry washetine

Les dates, les lieux, les performances : depuis son entrée dans le cercle des sportifs de haut niveau, Thierry Washetine a tout en mémoire. Les réussites comme les contre-performances dont il retire toujours un souvenir porteur d’émotion ou d’enseignement.
Pourtant, les premiers podiums ne datent plus d’hier pour ce spécialiste du javelot. « Ma première compétition à l’extérieur de la Nouvelle-Calédonie remonte à 1999. C’était pour le FESPIC en Thaïlande ». Lors de ces championnats Asie-Pacifique de handisport et sport adapté, Thierry concourrait dans les épreuves de sprint.
Ce n’est que deux ans plus tard qu’il abandonne les couloirs pour les aires de lancer. Bien lui en a pris tant son talent s’est révélé dans le maniement des marteau, disque, poids et, bien entendu, javelot.
En 2002, il signe sa première sélection sous le maillot tricolore. Sur la troisième marche du podium européen en disque et javelot, le Calédonien a le déclic et se lance à la conquête des titres majeurs. 

Cascades de médailles

Thierry Washetine javelot Sur le Caillou, Thierry Washetine parfait sa technique ; à l’extérieur, il enchaîne les succès en javelot et passe rapidement à son cou les récompenses les plus prestigieuses qu’il évoque avec son humilité naturelle. Quatrième mondial en 2003 et recordman de France, champion du monde à Canberra en 2005 (il est alors le premier français à s'installer sur la plus haute marche d'un podium mondial en sport adapté), meilleur Européen en 2006, de nouveau sacré l'année suivante aux Global Games (mondiaux de sport adapté) : la consécration est là, l'émotion de représenter sa terre natale aussi. Depuis, s’il n’a pas abandonné les podiums, Thierry n’a plus accédé au métal suprême. Jusqu’au creux de la vague le plus important après sa deuxième place aux Jeux du Pacifique de 2011. « C’était ma faute, reconnaît simplement le sportif. Je n’ai pas fait ce qu’il fallait à ce moment-là »

Le rebond

T washetine portraitC’est finalement Pierre Fairbank qui le sort de sa torpeur sportive. « J’ai suivi ses résultats aux Jeux paralympiques de Londres et sa réussite à plus de 40 ans m’a beaucoup touché », se souvient-il. L’enfant de Maré se remet à l’ouvrage, récompensé par une nouvelle sélection en équipe de France. Champion national en 2013, champion d’Europe en juin dernier aux Pays-Bas : son bras n’a rien perdu de sa puissance. Il aimerait d’ailleurs le prouver aux Jeux du Pacifique, Championnats de France et Global Games l’an prochain. « Et, aux Pays-Bas, j’ai battu mon record personnel au poids », se réjouit-il ! 

Jean-Dominique Pinçon