Ophélie Rague n'est plus un espoir

28/07/14
A
 

La jeune golfeuse nouméenne ne sera restée qu'une année au Pôle Espoir de Toulouse. Elle vient de quitter le Sud-Ouest pour rallier Paris où elle intègre le Pôle France avec l'objectif de faire une carrière chez les pros. Rencontre.

RAGUE.OPHELIE

« J'aimerais un jour être comparée à Tiger Woods ! » Plutôt réservée, Ophélie Rague (15 ans) part dans un grand rire. Mais n'allez pas croire que la Calédonienne est une rêveuse. À l'âge où les jeunes ne savent encore de quoi sera fait leur avenir, elle tient le sien au bout de son club de golf. Partie de son île natale voici un an, elle mesure aujourd'hui le chemin déjà parcouru et, surtout, celui qui la sépare du (très) haut niveau.

Pour arriver à ses fins, Ophélie Rague a quitté la Calédonie. « J'ai écouté les conseils de Fabrice Ho, mon coach à Tina, raconte-t-elle. Ça devenait compliqué pour moi de rester à Nouméa. Il n'y avait pas de structures adaptées ni un niveau suffisant pour continuer à progresser. J'ai fait ma demande auprès du Creps de la Région Midi-Pyrénées et on m'a acceptée après avoir visionné des vidéos. »

Des progrès dans le petit jeu

À Toulouse, elle a trouvé son bonheur. « Ici, c'est plus carré, il y a plus d'entraînement, le niveau est élevé. Chez moi, j'étais toute seule. Ici, on est plus de 50 filles du même niveau ! » Fini le traintrain nouméen, il lui a donc fallu s'accrocher. Au menu quotidien : cours le matin, entraînement l'après-midi, séances physiques en fin de journée et études en soirée. Le passage en première dans la poche, Ophélie a aussi réalisé les progrès qu'elle espérait. Grâce au volume d'entraînement imposé, mais aussi aux séances spécifiques. « Mentalement et techniquement, je suis meilleure, c'est certain. J'ai surtout fait de gros progrès dans le petit jeu. C'était mon défaut quand je suis arrivée à Toulouse, reconnaît-elle. Mon entraîneur m'a donc fait travailler cet aspect. »

Devenir professionnelle

RAGUE.OPHELIE.PORTRAIT 2Si elle ne cache pas que l'adaptation fut difficile, « surtout à partir du mois de décembre quand il a fait froid », et malgré la présence de son oncle Feletino Mafutuna, Ophélie se garde de regretter son choix. Et même si elle n'est pas rentrée au pays depuis un an, et qu'elle n'y retournera pas avant juillet 2015, elle ne dévie pas de sa route. « Bien sûr que tout le manque : la famille, les amis, le pays ! Mais j'ai un objectif : devenir professionnelle. Passer à la télé ! Aller jouer là où Tiger Woods a joué ! » Et pour se préserver de toute mauvaise surprise, elle a d'ores et déjà décidé de passer ses diplômes de moniteur de golf une fois le Bac dans le caddie.

Quart de finaliste des championnats de France -17 ans par équipes il y a deux semaines avec le club de Vieille Toulouse où elle a désormais sa licence, elle a ainsi tapé dans l'oeil des techniciens nationaux lesquels l'ont acceptée au Pôle France de Châtenay-Malabry, en région parisienne.

La Calédonie vient à elle

Douze mois après son installation, Ophélie a donc quitté Toulouse en fin de semaine dernière pour la capitale. Un nouveau monde l'y attend. Mais avant de prendre ses quartiers au Pôle, elle participe aux championnats de France individuels sur le parcours du Golf National dans les Yvelines (27 juillet au 3 août). « J'y suis pour gagner, lance-t-elle. J'ai une grosse motivation malgré une blessure au genou en mai dernier. Ça va mieux. Je me sens bien et puis, surtout, je vais revoir mes copains de Calédonie qui sont arrivés pour participer à la compétition eux aussi. » De quoi recharger les batteries avant de replonger dans les entraînements et les compétitions.

Stéphane SISCO