Georges Gope-Fenepej, la preuve par Troyes

17/03/14
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Il est un des rares footballeurs calédoniens à avoir évolué au plus haut niveau français. Après des débuts en Ligue 1 la saison dernière, Georges Gope-Fenepej est descendu d’un étage avec l’Estac, désormais en L2, mais il joue davantage aujourd’hui. Rencontre.

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Le soleil brille sur Troyes en ce mois de mars. Et le natif de Lifou se réjouit d’aller à l’entraînement sous ce beau ciel bleu. « Quand il fait beau, j’ai encore plus envie d’aller taper dans le ballon ! Cette année, on est gâté, il n’y a pas eu un vrai hiver… » Lien de cause à effet ? Toujours est-il qu’avec ces beaux jours, Georges Gope-Fenepej multiplie les temps de jeu sur les terrains de Ligue 2.

« C’est surtout le travail qui paye, assure l’ancien joueur de Magenta. Ça fait plus de dix-huit mois que je suis à Troyes et je n’ai jamais rien lâché, je me suis donné à 100% tous les jours. » Pas encore un titulaire en puissance, mais plus un joueur de l’équipe réserve, Georges se réjouit de ces bouts de matchs qu’il grappille ici et là. En janvier dernier, il a même marqué un but face à l’AS Canne en Coupe de France, son premier sous les couleurs de l’Estac. « Marquer, c’est ce que j’aime mais je ne pense pas qu’à ça, confie-t-il. Je veux avant tout jouer, je veux débuter chaque match. Les buts viendront tout seul. C’est pour ça que je bosse dur. Je suis confiant. J’attends mon heure. »

« Waddle » n’a jamais douté

Parti du pays en 2012 pour tenter l’aventure chez les pros, Georges Gope-Fenepej, surnommé « Waddle », débarque à Troyes qui évolue encore en Ligue 1. Six mois plus tard, il foule enfin une pelouse en match officiel en entrant en toute fin de match face à Lille. Trois minutes de bonheur. Depuis, l’Estac est descendu en Ligue 2 et l’attaquant a débuté la saison actuelle dans le groupe avant de le quitter. Puis de revenir en janvier dernier dans l’effectif du coach, Jean-Marc Furlan. S’offrant même une demi-finale de la Coupe de la Ligue face à Lyon à Gerland (défaite 2-1). « Avant, je regardais la Coupe à la télé… » sourit-il. Aujourd’hui, il passe à la télé. Et séduit ceux qui le côtoient.

Débarqué du championnat calédonien, Georges a découvert le monde professionnel sans être passé par la case « centre de formation ». « Voilà pourquoi j’ai pris plus de temps que les autres pour m’adapter. Mais je n’ai jamais douté. Jamais. »

Gope Fenepej - artOnze matches pour retrouver la L1

A dix journées de la fin du championnat, l’Estac pointe à la 9e place. A seulement six points du premier qualifié pour la montée. « Bien sûr que je pense à la Ligue 1, c’est possible. Il va falloir s’accrocher, réussir un beau parcours jusqu’à la fin de la saison (il reste 11 matches, ndlr). Moi, j’ai confiance. »

Dans quelques jours, Troyes ira en Mayenne pour y défier Laval. Georges espère être dans le groupe qui affrontera l’équipe de César Lolohéa, l’autre Calédonien de la L2. « C’est mon petit neveu ! On se téléphone constamment. On s’encourage, on se soutient. Je suis content pour lui, il commence à jouer de plus en plus. Je lui dis de s’accrocher. J’espère qu’on sera alignés tous les deux pour ce match, ce serait génial ! »

La guitare et les histoires

A force de travail, Georges Gope-Fenepej (25 ans) a donc fini par faire sa place à Troyes. Une ville qu’il apprécie, « j’aime me balader dans les rues ou aller me promener dans la forêt » ; un club qu’il aime, « je suis bien ici, je ne sais pas combien de temps j’y resterai mais pourquoi en partir ? » Levé à 8 heures, ses journées sont rythmées par les entraînements du matin ou de l’après-midi, et par les jours de match. En dehors du foot, le Cagou retrouve ses amis pour faire de la musique, « je joue de la guitare », se faire un resto ou tout simplement discuter. « Il y a beaucoup d’Africains et d’Antillais au club. On se raconte souvent des histoires de là où on vient. Ça aide dans les moments de nostalgie. » Des moments de solitudes qui sont moins fréquents de son propre aveux. Après deux premiers mois difficiles à l’été 2012, Georges se dit totalement intégré et heureux de sa vie de footballeur professionnel dans l’Aube. Au point de ne pas savoir quand il rentrera chez lui dans le Pacifique.

En métropole, Stéphane Sisco

Photos : Estac