Pôle espoir : antichambre du haut-niveau à la maison

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Natation, handball, rugby, judo, karaté. Depuis plusieurs années, la Nouvelle-Calédonie a mis en place des pôles espoirs sur le Caillou. Une aubaine pour les jeunes sportifs prometteurs du pays.

C’est une question qui se pose depuis des décennies. Peut-on faire du haut niveau en Calédonie ? Actuellement cela ne concerne que les athlètes handisports. La bande à Pierre Fairbank, avec Nicolas Brignone, Rose Wélépa ou Thierry Cibone sont regroupés depuis un an dans un pôle France à Nouméa. « Il a été conçu autour de ces sportifs et de leur coach Olivier Deniaud, explique Félicia Ballanger, responsable du haut niveau au sein de la Direction de la jeunesse et des sports (DJS). L’athlétisme handisport est une discipline où les Calédoniens brillent particulièrement. » Lors des derniers championnats d’Europe, ils ont ramené plus de la moitié des médailles françaises et représentent une peu plus d’un quart de la sélection tricolore.
Mais on peut parler de cas particulier. Car faire du haut niveau sur le Caillou est très compliqué, pour ne pas dire impossible. « Un athlète peut être qualifié d’athlète de haut niveau lorsqu’il obtient une sélection pour des championnats d’Europe, du monde ou les Jeux Olympiques, pose Félicia Ballanger. C’est un objectif difficile à atteindre en restant ici, malheureusement. La concurrence est très souvent en Europe. »

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Natation, judo, handball, rugby et karaté

Mais la Nouvelle-Calédonie compte en revanche de nombreuses réussites pour ce qui est de l’accession au haut niveau. Elle est symbolisée par les pôles espoirs, tremplin vers une carrière en bleu. Ces structures sont au nombre de cinq : natation, judo, handball, rugby et karaté. Elles répondent également à une autre question qui est beaucoup posée : à quel moment partir vers la Métropole pour tenter sa chance ? « Avec un pôle espoir, les infrastructures permettent aux jeunes sportifs de rester le plus tard possible, expose Pierre Forest, directeur de la DJS. En règle générale, ils peuvent aller jusqu’au bac avant un départ vers la Métropole et logiquement un pôle France. »
Toutes les structures sont relativement récentes. La première à avoir vu le jour est celle de la natation, créée en 2014. Sont arrivés deux ans plus tard les pôles judo, rugby et handball. Ce dernier pôle s’est d’ailleurs révélé être une mine d’or avec, en trois saisons, deux joueuses envoyées en équipe de France jeunes (Suzanne Wajoka et Cassidy Chambonnier) et une troisième qui n’en est plus très loin, Nora Folituu, qui a déjà effectué des stages avec l’équipe de France.
Le dernier né est le pôle espoir de karaté. Un projet qui était dans les tuyaux depuis quelques années et qui a vu le jour à la rentrée 2019.

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Des cas particuliers

Le cas de figure du rugby est un peu particulier puisque la discipline possède une double structure. Un pôle espoir qui accueille les jeunes jusqu’à leur 18 ans mais également depuis cette saison un Centre d’entraînement qui devrait être labellisé par la Fédération française de rugby et qui concerne les joueurs de 18 à 23 ans. « L’objectif est de les accompagner encore un peu plus, explique Félicia Ballanger. Car le rugby est un monde à part à cause du professionnalisme. »
On peut également ajouter à la liste, l’académie de football féminin qui commence cette année. Elle concerne non seulement le territoire, mais également l’ensemble de la confédération océanienne. Ni pôle espoir, ni pôle France, il s’agit d’une initiative locale en partenariat avec la Fifa.

 

Un choix fédéral

Si le gouvernement soutient financièrement ces pôles, « à hauteur de 40 millions de francs en fonctionnement pour cette année » selon la DJS, leur naissance n’est possible que sur décision d’une fédération de tutelle. Chaque pôle a accès à un suivi médical, diététique, mental, psychologique ainsi qu’à des sensibilisations à la lutte contre le dopage. Le tout fourni par la DJS. De quoi faciliter l’accès au haut niveau.

 

Le Cise, une pépinière

logo-ciseSi pour la plupart des membres des pôles, la fin de l’entraînement marque le retour chez soi, pour les rugbymen, les handballeuses et le footballeuses, leur vie se déroule la semaine au Centre international du sport et de l'expertise (Cise), équivalent local, toutes proportions gardées, de l’Insep en Métropole.
Pour ces trois groupes, les sportifs viennent d’un peu partout en Nouvelle-Calédonie et le Cise permet un accueil parfait. Sur place, on retrouve toutes les commodités nécessaires à la pratique sportive, mais également à la vie de tous les jours.
Ouvert en 2014, le site s’étend sur 2000 m² et compte près d’une centaine de chambres et une salle de musculation. Situé à Koutio, il se trouve à quelques pas du centre aquatique de Dumbéa, de la salle omnisports et des terrains de football et de rugby.
Tout pour performer.