Des éducateurs sportifs pour la jeunesse

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Courant août, une quinzaine d’éducateurs sportifs sont susceptibles d’être recrutés pour exercer dans diverses communes de la Nouvelle-Calédonie. Une démarche du gouvernement, en partenariat avec les provinces et le CTOS, dans le cadre du Plan territorial de sécurité et de prévention de la délinquance (PTSPD).

Ces créations de poste, fondées sur des modèles étrangers qui ont fait leur preuve – et récemment mis en exergue lors des déplacement successifs des professeurs Jourdan et Milkmann en Nouvelle-Calédonie –, ont pour ambition de promouvoir la pratique sportive afin de lutter contre l’oisiveté des jeunes et d’éviter ainsi leur basculement dans la délinquance et la consommation excessive d’alcool et de cannabis qui lui sont souvent associés.

« Au-delà de ces réussites individuelles, le sport représente un vecteur universel de valeurs positives, telles que le respect, la solidarité ou le dépassement de soi, qui vise à encourager les jeunes dans ce qu’ils ont de meilleur, explique Philippe Germain, président du gouvernement. Le sport joue donc pleinement son rôle sociétal en termes d’éducation, de santé publique, de cohésion sociale. Il propose des modèles d’excellence et de réussite à l’ensemble des jeunes Calédoniens et porte des valeurs humaines essentielles pour une population qui cherche à faire du “mieux vivre ensemble” une ambition majeure. Les valeurs de l’effort, du respect des règles, du respect de l’autre, véhiculées par le sport, sont à promouvoir largement. »

La Nouvelle-Calédonie est le premier territoire sportif de France

Le manque d'encadrement sportif et de personnes ressources est pointé par l'ensemble des acteurs impliqués dans le développement territorial du sport, alors même que les structures sportives existent bien souvent dans les communes

De fait, avec plus de 65 000 licenciés pour 270 000 habitants, et ce à travers 45 ligues, comités sportifs et fédération de football réunis au sein du CTOS, la Nouvelle-Calédonie est le premier territoire sportif de France. « Quand la Savoie, département le plus sportif de France, compte 184 licenciés pour 1 000 habitants, la Nouvelle-Calédonie en compte 251 », poursuit Philippe Germain, et de rajouter : « La devise inscrite sur la façade du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie “Terre de parole, Terre de partage”, pourrait être aisément prolongée par “Terre de sport”. »

Et dans ce contexte, l’éducateur sportif sera au cœur de la politique sportive communale, au plus près des besoins de la population et des singularités de chaque territoire…

Un dispositif appelé à s’étendre

La campagne de recrutement, issue dans le projet « Sport pour tous », s’inscrit à la fois dans le cadre de la mise en œuvre des deux actions du PTSPD, mais aussi du Plan Do Kamo et du plan stratégique du sport.

Elle intervient après la formation d’éducateurs sportifs organisée par le CTOS au CISE, qui s’est achevée en juillet dernier.

Le recrutement concerne dans un premier temps les communes de la Grande Terre et de l’île des Pins. Puis, après une nécessaire période d’évaluation, la Nouvelle-Calédonie envisage, en partenariat avec les provinces concernées, d’étendre ce dispositif et par conséquent le nombre d’éducateurs sportifs, dans la limite d’un par commune, et ce jusqu’en 2022.

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Un projet pays

La campagne vise prioritairement à recruter 15 éducateurs sportifs au profit des communes suivantes :
8 en Province Nord : Canala, Kouaoua, Koumac, Houaïlou, Kaala-Gomen, Ponérihouen, Poum et Poya ;
7 en Province Sud : Yaté, Île des Pins, Païta, Mont-Dore, Dumbéa, Thio, et Bourail ; Certaines communes comme Hienghène et Lifou ont récemment fait part de leur souhait d’intégrer le dispositif « Sport pour Tous », d’autres suivront certainement.

Il s’agit également d’accompagner les collectivités dans leur politique de développement du sport au niveau territorial par la création d’1 poste de coordonnateur territorial au niveau de la DJS et de 2 postes de coordonnateurs sportifs au niveau des CPOS, qui seront chargés de suivre, former et évaluer l’action de ces éducateurs. 1 poste de délégué territorial sera également créé au niveau de l’USEP pour encourager la pratique du sport dans et hors des écoles primaires qui ont perdu plus de 7 000 licenciés l’an dernier.

 

Les multiples rôles de l’éducateur sportif

Au plus près des besoins de la population et des singularités de chaque territoire, l’éducateur sportif aura pour missions :

  • développer la pratique sportive sur le temps périscolaire, les mercredis après-midi, samedis et dimanches, notamment auprès des jeunes âgés de 11 à 16 ans en difficulté (oisifs, déscolarisés, présentant des comportements à risques…) ;
  • organiser, animer et encadrer les activités physiques et sportives proposées (moyens matériels et transport) ;
  • créer un réseau d’intervenants pour renforcer l’encadrement des pratiques sportives ;
  • participer à la promotion sportive et au sport-santé en partenariat avec les familles, les associations locales et coutumières ;
  • développer un travail en réseau avec les différents partenaires identifiés ;
  • favoriser la mixité des pratiques et des pratiquants (intercommunautaire, inter générationnelle, hommes-femmes).
  • rappeler régulièrement les risques liés aux conduites addictives ;
  • véhiculer les valeurs de l’esprit sportif et de la citoyenneté.

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