Institut Océanien d'Haltérophilie : l’atout diplomatique de la Nouvelle-Calédonie

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Les membres de l’IOH avec Bernard Lapasset, co-président du GIP PARIS 2024.

Inauguré en 2009 dans le complexe sportif de Boulari, l'Institut Océanien d'Haltérophilie (IOH) produit les meilleurs haltérophiles issus des pays du Pacifique où la discipline est très populaire. Le centre est ainsi un atout calédonien majeur pour la coopération dans la région.

En avril, 25 athlètes avaient quitté la Nouvelle-Calédonie, direction la Gold Coast, pour participer aux Jeux du Commonwealth. C’est, pour les États insulaires de la région, une belle moisson de médailles en perspective... « Ce sont les meilleurs : nous avons, à l’institut, un très haut niveau sportif », indique Paul Coffa, ancien haltérophile et manager du centre. « L’IOH est un gros atout pour la Nouvelle-Calédonie. » De fait, la délégation a rapporté pas moins de 6 médailles d’or, 6 d’argent et trois de bronze. Un sacré palmarès !

Une reconnaissance internationale

Il faut dire que l'haltérophilie est une discipline sportive très populaire dans notre région. Les élus de ces îles en ont compris l'enjeu médiatique et sont très impliqués dans les fédérations et comités. Un ancien président de la République de Nauru, Marcus Stephen, avait d'ailleurs été 7 fois médaillé d'or aux Jeux du Commonwealth et concouru à 3 Jeux Olympiques dans son ancienne vie. Du coup, l'institut devient une étape obligatoire des chefs d’État et de gouvernement de ces îles en visite en Nouvelle-Calédonie.

Les femmes et les hommes de l'IOH sont, eux aussi, des îliens du Pacifique (lire encadré). Ils s'entraînent quotidiennement 5 à 7 heures sous la houlette de leur manager. Paul Coffa est exigeant et reconnaît l'investissement consentit : « Les sportifs qui résident ici sont passionnés mais sont aussi prêts à l'engagement et aux sacrifices familiaux nécessaires. Ils ont conscience de la responsabilité que leurs Nations leur ont confiée »... Celle de les représenter et de leur offrir une reconnaissance internationale.

Car, au-delà de la passion qui les anime, devenir sportif de haut niveau est souvent une manière pour ces haltérophiles de faire connaître leur pays et les problématiques qu'ils rencontrent. En témoigne David Katoatau, de l’archipel de Kiribati, surnommé « The dancing boy » pour ses danses de célébration à l'issue de chaque performance, très médiatique et particulièrement investi pour faire connaître les difficultés liées à la montée des eaux vécues par son île natale.

Dans ce contexte, « les pays du Pacifique apprécient réellement la coopération de la Nouvelle-Calédonie, et, par son intermédiaire, de la France, à travers cet institut, vital pour la région », conclu Paul Coffa. Un partenariat gagnant-gagnant en somme, qu'il serait dommage de ne pas préserver...

Un potentiel à valoriser

À l'institut, s'entraînent quotidiennement Dika Toua, médaillée d'or aux derniers Jeux du Commonwealth dans la catégorie des 53 kg, Eileen Cikamantana de Fidji (90 kg), un des meilleurs espoirs de la région, Apolonia Vaivai, de Fidji également, ancienne médaillée de bronze et étoile montante dans les 69 kg, Morea Baru, (62 kg) de Papouasie-Nouvelle-Guinée, et Nevo Ioane, des Samoa, tous deux grands favoris de l'épreuve d'avril ou encore David Katoatau, de Kiribati (105 kg), qui se battra pour conserver sa médaille d'or, ainsi que bien d'autres sportifs parmi les meilleurs mondiaux…

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